Quand l’histoire personnelle entre dans la classe

Rédigé par Jordan BOURGET le

À l’école, certaines activités paraissent anodines.

Apporter une photo de bébé. Construire un arbre généalogique. Expliquer à qui l’on ressemble dans sa famille. Parler de sa naissance. Présenter son pays d’origine. Travailler sur l’hérédité. Préparer un cadeau pour la fête des mères ou des pères.

Pour beaucoup d’enfants, ces activités ne posent aucune difficulté particulière.

Pour certains enfants adoptés, elles peuvent pourtant faire surgir des questions beaucoup plus intimes :

Ai-je une photo de moi bébé ?

Qui dois-je mettre dans mon arbre généalogique ?

À qui est-ce que je ressemble ?

Que dois-je raconter de ma famille de naissance ?

Est-ce que je dois expliquer devant tout le monde pourquoi je suis né dans un autre pays ?

L’enjeu n’est pas d’éviter systématiquement ces sujets.

Il est plutôt de permettre à chaque enfant de participer sans avoir à révéler une histoire personnelle qu’il ne souhaite pas, ou qu’il ne peut pas, raconter.

L’école peut toucher à l’intime sans le vouloir 💟

L’école travaille légitimement sur la famille, le temps, la filiation, le vivant, les ressemblances ou encore les différentes cultures.

Ces sujets font partie des apprentissages.

Mais une activité pensée à partir d’un modèle familial implicite peut parfois placer certains élèves en difficulté.

C’est le cas des enfants adoptés, mais pas uniquement.

Les familles recomposées, monoparentales ou homoparentales, les enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance, ceux élevés par d’autres membres de leur famille, ceux qui ont perdu un parent ou qui disposent de peu d’informations sur leur naissance peuvent rencontrer les mêmes obstacles.

Le problème n’est donc pas nécessairement le sujet étudié.

Il réside souvent dans la manière dont la consigne a été formulée.

Demander :

« Apporte une photo de toi quand tu étais bébé »

suppose que chaque enfant possède une telle photo.

Demander :

« Fais ton arbre généalogique avec tes parents, grands-parents et arrière-grands-parents »

suppose que chacun dispose des mêmes informations sur sa filiation.

Demander :

« À qui ressembles-tu le plus dans ta famille ? »

suppose que la ressemblance physique soit observable au sein de la famille dans laquelle l’enfant grandit.

Pour certains élèves, ces présupposés peuvent transformer un exercice scolaire simple en question profondément personnelle.

Les photos de bébé : quand le matériel demandé n’existe pas 👶

EFA attire explicitement l’attention des enseignants sur cette situation : certains enfants adoptés ne disposent pas de photographie d’eux-mêmes pendant leurs premiers mois ou leurs premières années de vie. Une consigne demandant à tous les élèves d’apporter une photo de bébé peut donc les placer dans l’impossibilité de faire exactement comme les autres. Adoption EFA

Cette absence peut être vécue de multiples façons.

Un enfant peut n’y accorder aucune importance.

Un autre peut être gêné de devoir expliquer pourquoi il n’a pas de photo.

Un autre encore peut ressentir brutalement ce manque au moment où il découvre que tous ses camarades disposent de souvenirs auxquels lui n’a pas accès.

Il n’est donc pas nécessaire de supprimer toutes les activités utilisant des photos anciennes.

Il suffit souvent de prévoir plusieurs possibilités dès la conception de l’activité.

Par exemple :

« Apporte une photo de toi plus petit, ou une photo importante de ton enfance, ou réalise un dessin d’un souvenir que tu souhaites partager. »

La différence est importante.

L’enfant n’a plus besoin de demander une adaptation particulière devant ses camarades.

Le choix existe pour tout le monde.

L’arbre généalogique : un exercice plus complexe qu’il n’y paraît 🌳

L’arbre généalogique est probablement l’exemple le plus connu.

Il est généralement proposé pour travailler les générations, les liens familiaux ou le repérage dans le temps.

Mais pour un enfant adopté, plusieurs difficultés peuvent apparaître.

Doit-il représenter sa famille adoptive ?

Sa famille de naissance ?

Les deux ?

Que faire s’il ne connaît pas le nom de ses parents de naissance ?

Et s’il connaît certaines informations mais ne souhaite pas les partager avec la classe ?

EFA recommande précisément d’être créatif dans la manière de proposer cet exercice aux enfants adoptés, qui peuvent avoir deux histoires familiales et ne pas disposer de toutes les informations concernant leur famille d’origine.

Une alternative consiste à revenir à l’objectif pédagogique réel.

Si l’objectif est de comprendre les générations, il n’est pas indispensable que l’enfant dévoile toute sa filiation.

On peut travailler à partir :

  • d’un arbre fictif ;
  • d’une famille inventée ;
  • d’un personnage de littérature ;
  • ou d’un schéma plus large des personnes importantes pour l’enfant.

Un « arbre de ma famille » peut aussi devenir, selon l’âge et l’objectif pédagogique, un « arbre des personnes qui comptent pour moi ».

L’important est de ne pas demander à l’enfant de résoudre publiquement une question familiale complexe pour pouvoir réussir une activité scolaire.

« À qui ressembles-tu ? » 🪞

Les ressemblances physiques constituent un autre sujet fréquent.

Couleur des yeux.

Cheveux.

Taille.

Forme du visage.

On compare parfois les enfants à leurs parents dans le cadre d’activités scientifiques ou langagières.

Pour un enfant adopté, cette question peut être simple.

Elle peut aussi toucher directement à l’absence d’informations sur sa famille de naissance.

Un enfant peut savoir à qui il ressemble.

Un autre peut ne pas le savoir.

Un troisième peut avoir une apparence physique très différente de celle de ses parents adoptifs et être déjà régulièrement interrogé à ce sujet en dehors de l’école.

L’objectif n’est pas d’éviter les notions d’hérédité ou de génétique.

Il s’agit plutôt de ne pas demander à chaque élève de prendre sa propre famille comme matériel d’observation.

On peut parfaitement étudier les ressemblances et la transmission génétique à partir de personnages fictifs, d’exemples proposés par l’enseignant ou de situations choisies volontairement par les élèves.

Ainsi, la connaissance scientifique reste enseignée sans transformer l’histoire personnelle de l’enfant en exercice.

Génétique : distinguer filiation biologique et famille 🧬

À mesure que les élèves grandissent, les cours de sciences abordent plus directement la génétique et l’hérédité.

Ces notions peuvent soulever des questions spécifiques pour les enfants adoptés.

Une formulation imprécise comme :

« Vous avez reçu la moitié de vos caractéristiques de votre mère et l’autre moitié de votre père »

peut devenir ambiguë lorsque les mots « mère » et « père » désignent habituellement, dans la vie de l’enfant, ses parents adoptifs.

Scientifiquement, il est plus précis de parler de parents biologiques ou de parents de naissance lorsqu’il s’agit de transmission génétique.

Cette précision n’est pas uniquement utile aux enfants adoptés.

Elle aide tous les élèves à distinguer la biologie, la filiation et les liens familiaux, qui ne recouvrent pas toujours exactement les mêmes réalités.

Un enfant peut ainsi comprendre qu’il possède un patrimoine génétique transmis par ses parents de naissance tout en appartenant pleinement à la famille qui l’élève.

L’école n’a pas besoin de demander à l’enfant adopté de fournir un exemple personnel pour expliquer cette distinction.

Le pays d’origine : l’enfant n’est pas un ambassadeur 🌍

Lorsqu’un enfant a été adopté à l’international, son pays de naissance peut devenir très visible dans la classe.

À l’occasion d’un travail sur les pays du monde, d’une semaine culturelle ou simplement parce que l’enseignant souhaite valoriser les origines de chacun, l’enfant peut être invité à parler de « son pays ».

L’intention peut être excellente.

Mais EFA rappelle un point important : un enfant adopté à l’international n’est pas nécessairement un spécialiste de son pays de naissance. Il peut même n’en avoir connu qu’un lieu très particulier, comme une institution, et ne disposer que de peu de souvenirs ou de connaissances sur la vie quotidienne du pays.

Lui demander :

« Tu viens de Colombie, tu peux nous expliquer comment on vit là-bas ? »

peut donc être aussi étrange que demander à un enfant né à Clermont-Ferrand de présenter toute la culture française.

Cela peut surtout lui imposer une identité qu’il ne revendique pas nécessairement à ce moment-là.

Une meilleure formulation serait :

« Nous allons travailler sur la Colombie. Si tu souhaites partager quelque chose que tu connais ou qui est important pour toi, tu pourras le faire, mais tu n’es pas obligé. »

La différence est essentielle.

On ouvre une possibilité sans créer une obligation.

Parler des origines… sans demander à l’enfant de raconter les siennes 🤐

L’école est aussi un espace où les autres enfants posent des questions.

Pourquoi tes parents n’ont-ils pas la même couleur de peau que toi ?

Pourquoi as-tu été adopté ?

Où est ta vraie maman ?

Pourquoi ta maman t’a abandonné ?

Ces questions peuvent être spontanées.

Elles n’ont pas toutes la même intention ni la même portée.

L’enseignant peut aider à poser un cadre simple :

Certaines informations appartiennent à l’histoire privée d’une personne, et elle n’est jamais obligée de les raconter.

Cette règle dépasse largement l’adoption.

Elle constitue un apprentissage du respect de l’intimité.

L’Éducation nationale rappelle d’ailleurs que la protection de la vie privée et des données personnelles des élèves constitue un enjeu spécifique de l’institution scolaire. Certaines informations personnelles ou sensibles bénéficient d’une protection renforcée.

Dans la classe, on peut donc parfaitement parler de l’adoption en général sans demander à l’enfant adopté de raconter son adoption.

« La vraie maman » : les mots ont de l’importance ☝️

Certaines formulations peuvent involontairement blesser.

Parler de la « vraie mère » ou des « vrais parents » sous-entend que les parents adoptifs seraient moins réels.

Pour distinguer les différentes personnes dans l’histoire de l’enfant, il est généralement plus clair de parler selon le contexte de :

parents adoptifs,

parents de naissance,

famille de naissance,

ou simplement parents lorsque la distinction n’est pas nécessaire.

Les mots doivent aussi pouvoir évoluer selon les choix de l’enfant et de sa famille.

Certains enfants utilisent d’autres expressions.

L’objectif n’est pas d’imposer un vocabulaire unique, mais d’éviter que les adultes utilisent sans y penser des formulations qui hiérarchisent les liens familiaux.

La naissance : un événement universel, des histoires différentes 🍼

À l’école maternelle et élémentaire notamment, les enfants travaillent souvent sur leur croissance :

bébé,

petit enfant,

enfant aujourd’hui.

Ces activités sont pertinentes.

Mais elles peuvent être proposées sans supposer que chaque élève dispose :

  • de photos de toutes les périodes ;
  • de son carnet de naissance ;
  • de récits précis sur ses premiers mois ;
  • d’informations sur la grossesse ;
  • ou de souvenirs transmis par les adultes présents au moment de sa naissance.

Une consigne inclusive pourrait proposer plusieurs supports :

une photo, un dessin, un objet, un récit raconté par un adulte ou une représentation imaginaire.

Ainsi, l’activité reste accessible à tous.

Les fêtes des mères et des pères : une question qui dépasse l’adoption 🎁

La fête des mères et la fête des pères font parfois surgir des interrogations dans les écoles.

Pour qui fabriquer l’objet ?

Que faire lorsqu’un enfant a deux pères ?

Deux mères ?

Un seul parent ?

Un parent décédé ?

Des parents dont il est séparé ?

Une famille d’accueil ?

Des parents adoptifs et une histoire avec une famille de naissance ?

Cette question dépasse très largement l’adoption.

De nombreuses écoles choisissent aujourd’hui de proposer une fête des parents, une fête des familles ou simplement un cadeau destiné à une personne importante.

L’intérêt d’une formulation plus ouverte n’est pas d’effacer les parents.

Il est de permettre à tous les enfants de réaliser l’activité sans devoir exposer leur situation familiale devant le groupe.

Faut-il parler de l’adoption devant toute la classe ? 🧐

Il n’existe pas de réponse automatique.

Dans certaines familles, l’enfant parle très librement de son adoption.

Dans d’autres, il souhaite que cette information reste discrète.

Et cette position peut changer avec l’âge.

Une chose est cependant importante :

le fait qu’un enseignant connaisse l’histoire adoptive de l’enfant ne signifie pas que toute la classe doit la connaître.

Les parents peuvent transmettre certaines informations utiles à l’enseignant.

Cela ne transforme pas ces informations en matériel pédagogique.

Avant d’aborder directement l’adoption de l’enfant devant les autres élèves, il est donc préférable de se demander :

Est-ce nécessaire ?

L’enfant souhaite-t-il que cela soit évoqué ?

Ses parents ont-ils été associés à la réflexion ?

Peut-on traiter le sujet de manière générale sans utiliser son histoire personnelle ?

Dans bien des cas, cette dernière solution suffit.

L’enfant peut aussi changer d’avis 🔄️

Un enfant de 6 ans peut raconter spontanément son adoption à toute sa classe.

À 9 ans, il peut ne plus vouloir en parler.

À 12 ans, il peut souhaiter expliquer certaines choses à ses amis mais pas à ses enseignants.

Cette évolution est normale.

L’histoire appartient à l’enfant, et son rapport à cette histoire évolue avec lui.

Une information qu’il a racontée une fois ne devient pas pour autant publique pour toujours.

C’est un point important pour les adultes : respecter l’intimité, c’est aussi accepter que l’enfant puisse redéfinir ce qu’il souhaite partager.

Et si les camarades posent des questions ?🗣️

Il n’est pas toujours nécessaire d’empêcher les questions.

Certaines peuvent devenir une occasion d’apprentissage.

Mais l’enseignant peut distinguer :

une question générale, à laquelle il peut répondre ;

et

une question personnelle, à laquelle seul l’enfant peut choisir de répondre.

Par exemple :

« Est-ce que des enfants peuvent avoir des parents adoptifs ? »

peut être traité collectivement.

En revanche :

« Pourquoi les parents de Léa l’ont abandonnée ? »

concerne l’histoire de Léa.

Une réponse simple peut alors suffire :

« Cette question appartient à son histoire personnelle. C’est elle qui décide si elle souhaite en parler. »

Ce type de réponse protège l’enfant sans dramatiser le sujet.

Une activité inclusive est souvent une meilleure activité pour tous 👍

Le plus intéressant est que les adaptations pensées pour les enfants adoptés bénéficient souvent à toute la classe.

Autoriser plusieurs formes de familles dans un arbre généalogique aide aussi les enfants de familles recomposées.

Proposer plusieurs alternatives à la photo de bébé aide aussi les enfants dont les souvenirs ont été perdus.

Ne pas obliger un enfant à parler de son pays de naissance protège aussi les enfants issus de l’immigration qui ne souhaitent pas être réduits à une origine culturelle.

Parler de « personnes importantes » plutôt que de présupposer une structure familiale unique permet à davantage d’enfants de trouver leur place.

L’école a précisément pour mission d’accueillir la diversité des élèves et de promouvoir le respect d’autrui. Le ministère rappelle que le cadre scolaire repose sur le respect de chacun dans sa personnalité, sa dignité et ses convictions.

Penser à l’enfant adopté peut donc conduire à améliorer l’activité pour tous les élèves.

Parents : faut-il prévenir l’enseignant à l’avance ? 🤓

Lorsque les parents savent qu’une activité peut être délicate pour leur enfant, il peut être utile d’en parler simplement avec l’enseignant.

Pas nécessairement pour demander que l’activité soit supprimée.

Mais pour anticiper.

Par exemple :

« Nous voulions simplement vous prévenir que notre enfant n’a pas de photo de lui bébé. Si ce type d’activité est prévu cette année, pourrions-nous réfléchir ensemble à une alternative ? »

ou :

« Il connaît certains éléments de son histoire mais ne souhaite pas en parler devant la classe. Nous préférons qu’il puisse décider lui-même de ce qu’il partage. »

Le dialogue entre parents et école est précisément présenté par l’Éducation nationale comme un élément important de l’accompagnement scolaire et de la réussite de l’élève.

Une discussion anticipée évite souvent que l’enfant ait à gérer seul la situation au moment où elle survient.

Enseignants : trois questions avant de lancer une activité 3️⃣

Avant une activité touchant à la famille, à la naissance ou aux origines, trois questions peuvent suffire :

Quel est mon véritable objectif pédagogique ?

Si je veux enseigner les générations, ai-je réellement besoin de la généalogie personnelle de chaque enfant ?

Si je veux travailler la chronologie, ai-je réellement besoin d’une photo de bébé ?

Si je veux étudier la génétique, ai-je réellement besoin de comparer les enfants à leurs propres parents ?

Existe-t-il plusieurs façons de réussir cette activité ?

Une consigne inclusive permet à chacun de participer sans avoir à demander une exception.

Est-ce que je demande involontairement à un enfant de dévoiler une information intime ?

Si oui, l’activité peut probablement être reformulée.

Ce petit réflexe permet de préserver l’objectif pédagogique sans placer l’enfant dans une situation où sa vie personnelle devient le support obligatoire de l’apprentissage.

L’histoire personnelle n’est pas un devoir scolaire 📔

L’école peut aider les enfants à comprendre le monde.

Elle peut expliquer ce qu’est l’adoption.

Elle peut présenter la diversité des familles.

Elle peut enseigner la génétique, la filiation, l’histoire ou la géographie.

Mais l’enfant adopté n’a pas pour mission d’illustrer personnellement ces enseignements.

Il n’est pas le représentant de l’adoption dans sa classe.

Il n’est pas l’expert de son pays de naissance.

Il n’est pas obligé d’expliquer sa famille.

Il n’a pas davantage à combler par une production scolaire les informations qui manquent dans son histoire.

Il doit pouvoir être, avant tout, un élève parmi les autres.

Tenir compte de son histoire ne signifie pas la rendre invisible.

Cela signifie lui laisser la possibilité de décider quand, comment et avec qui elle peut être racontée.


💡 En pratique

Avant une activité concernant la famille, la naissance ou les origines :

1. Identifier l’objectif pédagogique réel.

2. Prévoir plusieurs manières de participer dès le départ, plutôt qu’une adaptation réservée à un élève.

3. Ne jamais supposer que tous les enfants disposent des mêmes informations ou des mêmes souvenirs.

4. Éviter de demander à un enfant adopté de témoigner au nom de tous les enfants adoptés.

5. Distinguer une information utile à l’enseignant d’une information destinée à la classe.

6. Laisser l’enfant décider ce qu’il souhaite partager de son histoire personnelle.

7. Lorsque les parents signalent une situation particulière, chercher ensemble une solution qui conserve l’objectif pédagogique.

Et une question simple peut guider de nombreuses décisions :

Peut-on faire apprendre la même chose sans obliger l’enfant à dévoiler son histoire ?

Très souvent, la réponse est oui.


À retenir 👍

L’adoption ne doit pas rendre certains sujets interdits à l’école.

Famille, naissance, ressemblances, génétique, cultures ou origines sont des sujets importants.

Mais ils peuvent être enseignés sans supposer que toutes les histoires familiales se ressemblent et sans transformer l’histoire personnelle d’un enfant en ressource pédagogique obligatoire.

Une classe inclusive n’est pas une classe dans laquelle on évite les différences.

C’est une classe dans laquelle chacun peut apprendre sans avoir à justifier les siennes.


Sources et ressources

Enfance & Familles d’Adoption — « L’enfant adopté à l’école : comment l’accueillir et l’encadrer ? »
Cette ressource publique d’EFA attire notamment l’attention sur trois situations scolaires très concrètes : les demandes de photos de bébé, les arbres généalogiques et le fait de solliciter un enfant adopté à l’international pour parler de son pays de naissance. Elle recommande d’adapter les activités aux informations réellement disponibles et de ne pas considérer l’enfant comme un spécialiste automatique de son pays d’origine.

Enfance & Familles d’Adoption — « Origines : contribution d’EFA », 2013.
Ce document rappelle la diversité des situations adoptives et la complexité des questions relatives à l’histoire préadoptive et aux origines, qui peuvent concerner aussi bien la famille de naissance que le pays ou la région de naissance.

Ministère de l’Éducation nationale — « La protection des élèves et de leurs données sur Internet ».
Rappel du cadre de protection des données personnelles et des informations sensibles concernant les élèves, qui participe plus largement à la nécessité de respecter leur vie privée dans le contexte scolaire.

Ministère de l’Éducation nationale — « Les parents, acteurs clés de la communauté éducative », 2025 ; Éduscol — « Parents d’élèves », 2026.
Ces ressources institutionnelles rappellent que la relation entre l’école et les familles repose sur un dialogue régulier, la confiance et une responsabilité partagée autour de la scolarité de l’enfant.

Ministère de l’Éducation nationale / Éduscol — ressources relatives au respect d’autrui, à la dignité des élèves et à la prévention des discriminations.
Le cadre scolaire affirme le respect de chaque élève dans sa personnalité et rappelle la mission de l’École dans l’apprentissage du respect de la diversité et la lutte contre les discriminations liées notamment à l’origine.

Catégories : écoleSensibiliser

Jordan BOURGET

Webmaster, rédacteur web